Information sur le syndrome du choc toxique SCT

LE SYNDROME DU CHOC TOXIQUE ET LA CUP : que sait-on vraiment ?
Qu’est-ce que le SCT ?

Le Syndrome du Choc Toxique (SCT) est une affection rare mais grave, qui peut être fatale. Elle est causée par des toxines produites par une bactérie appelée Staphylococcus aureus. Celle-ci est naturellement présente chez 30 à 40% des hommes, des femmes et des enfants, au niveau du nez, de l'arrière gorge, du rectum, du vagin mais aussi au niveau de la peau, et n'est, dans la majorité des cas, pas dangereuse. Dans de rares cas, les personnes qui n’ont pas développé d’anticorps contre ces toxines peuvent présenter une réaction aiguë lorsque celles-ci entrent dans la circulation sanguine. Le syndrome du choc toxique en est le résultat.

Le SCT n'est donc pas uniquement lié aux menstruations, il peut survenir après une blessure, une opération ou bien même après un traitement affectant le système immunitaire (comme la chimiothérapie par exemple).

Pour les rares femmes qui n'ont pas développé de défenses immunitaires contre cette toxine, le SCT peut toutefois être lié aux règles (environ 1 cas de SCT sur 2) et notamment à l'utilisation des protections hygiéniques.

Y a-t-il eu des études ou y a-t-il des études en cours ?

En octobre 2016, le Dr Gérard Lina, un praticien hospitalier du Centre national des hospices civils de Lyon alertait sur la recrudescence du nombre de cas de syndrome du choc toxique (SCT). Cette maladie reste toutefois très rare : 4 cas répertoriés en 2004, les cas sont passés à 19 en 2016.

Pour comprendre ce qui avait pu causer cette recrudescence, le Dr Lina a lancé en 2016 une collecte de tampons usagés en vue d'une étude scientifique. 3000 femmes ont répondu à l’appel, et 700 tampons de diverses marques et types ont pu être récoltés. Cette étude allait peut-être nous révéler l'impact de la composition des protections hygiéniques sur la santé.

Début juillet 2017, le Centre national de référence (CNR) du staphylocoque des Hospices Civils de Lyon (HCL) a présenté les premiers résultats de l'enquête sur le choc toxique lié aux règles menée durant un peu moins d’un an. Quelques 700 tampons ont été collectés (la collecte est terminée) mais ces tampons n’ont pas servi aux tests de l’étude publiée.

L’étude n’a pas été publiée dans une quelconque revue scientifique, on ne sait rien de sa méthodologie exacte, et les conclusions données lors de la conférence de presse sont très vagues.

L’objectif était de rassurer les femmes, mais bien au contraire, cette étude a provoqué une vague de panique sur les réseaux sociaux. En effet, le résultat de l'étude épingle certains tampons et met en cause l’utilisation de la coupe menstruelle. Selon, les chercheurs, elle permet une arrivée d'air plus importante, la présence d'oxygène favorisant le développement du staphylocoque, elle pourrait donc favoriser l'apparition d'un SCT, selon cette étude.

Mais les résultats de cette étude sont discutables, pourquoi ?

Une méthodologie floue. Dans le communiqué de presse des HCL, la méthodologie de l'étude est résumée en quelques lignes : "Les chercheurs ont choisi de tester les marques les plus utilisées ainsi que des tampons ayant des compositions différentes. Ils ont essayé de reproduire les conditions de culture se rapprochant le plus de celles du vagin avec peu d’oxygène..." Comment, précisément ? Selon la journaliste Elise Thiébaut, qui a assisté à la conférence de presse, l'étude a consisté à "tester des dispositifs intravaginaux achetés sur le marché, en les fourrant dans un sac plastique avec un mélange rappelant l’environnement biologique du vagin"...
La méthodologie utilisée est donc bien loin des conditions normales d’utilisation des coupes menstruelles.

Un schéma peu lisible. Dans le même document, un schéma met en évidence l'innocuité quasi- totale des marques de tampons les plus courantes (Nett, Tampax, O.b), tandis que deux marques de coupes menstruelles et une marque de tampons bio semblent détenir des records de dangerosité. Pourtant, l'un des titres du communiqué affirme que "aucune protection testée ne favorise la croissance et la production de la toxine". Et de préciser ensuite que "certains tampons ont même un effet protecteur".

En conclusion, cette étude, n’est pas fiable, avec des tests réalisés dans des conditions obscures et douteuses, a alarmé à tort des utilisatrices de coupes menstruelles.

A ce jour le nombre de SCT avérés liés au port des coupes menstruelles est de deux dans le monde en 50 ans. Les conditions d’utilisation ne sont pas connues. Le facteur d’une mauvaise utilisation peut être un élément déclenchant (port de la coupe trop long). Si on ramène au nombre d’utilisatrices sur 50 ans, il n’y pas de quoi s’alarmer.
En France, il y a eu 19 cas recensés de SCT en 2016, et seulement 1 cas qui serait lié au port de la coupe menstruelle depuis sa commercialisation en France en 2001. Aucun cas avéré pour le moment.

A titre préventif, rappelons toutefois les conseils de vigilance :